Savoir jouer seul [44782]

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Par Jean-François Bourbeau publié le 13 nov, 2008 • http://www.journalimedia.uqam.ca/http://www.journalimedia.uqam.ca/





Richard Vallerant, co-fondateur de Sarbakan
Entre Ubisoft, Eidos et Electronic Arts, il est possible de faire sa marque au Québec dans le secteur des jeux vidéo tout en restant indépendant. Richard Vallerant était de passage à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), dans le cadre de la Semaine de l’entreprenariat, pour raconter l’histoire à succès de Sarbakan, une des seules boîtes de jeu à reposer dans les mains de Québécois.

Passionné par l’art du dessin et de l’animation, Richard Vallerant a fondé Sarbakan en 1998. L’équipe était alors constituée d’un vingtaine d’employés. Il a très tôt décidé d’utiliser la plateforme Web pour afficher ses produits. De nombreux jeux, comme Mr. Snoozleberg et Arcane, ont donc vu le jour sur Internet, pour le compte de sites importants, comme Radio-Canada.ca et Warner Brothers Online. Richard Vallerant dresse un bilan somme toute positif des partenariats avec ce genre de sociétés. « C’est toujours bon, car ça nous offre de la visibilité. Faire affaire avec les grosses compagnies peut toutefois être dangereux, car on peut finir par perdre notre personnalité. »

Avoir les bonnes idées

Malgré tout, dans une industrie de gros joueurs, il peut être difficile de se démarquer. C’est pourquoi Sarbakan s’est assuré de développer des concepts innovateurs qui ont assuré sa prospérité. « Nous sommes un peu les précurseurs du jeu occasionnel », prétend Richard Vallerant. Le jeu occasionnel est un genre qui s’adresse à un marché élargi incluant les jeunes filles et les adultes plus âgés. Ce style est aujourd’hui un moteur de l’industrie, grâce, entre autres, aux consoles de Nintendo et le jeu Wii Sports. Le créateur émet toutefois des réserves. « C’est intéressant, le jeu occasionnel, mais il faut faire attention de ne pas toujours tomber dans la même recette. »

L’artiste croit d’ailleurs que les producteurs indépendants doivent se concentrer sur le Web, une vitrine plus accessible que les autres supports. « Les consoles ne sont pas la niche des développeurs indépendants », estime-t-il.

Cela dit, Sarbakan, qui compte aujourd’hui 120 employés, a tout de même décidé de développer sur les consoles, ce qui explique entre autres le départ de Richard Vallerant de l’entreprise québécoise. Ce dernier préfère les équipes intimes aux plus imposantes comme on en retrouve chez Ubisoft. « Dans une petite entreprise, les artistes ont plus de voix. »

Il soutient également que l’atmosphère créée par un bas nombre d’employés améliore la qualité du produit. Selon lui, les équipes dans lesquelles quelqu’un doit assumer plusieurs tâches, du scénariste au designer de jeu, sont préférables.. « Quand tout est compartimenté, ça se ressent dans le jeu. »


Un terreau fertile

Richard Vallerant apprécie aussi la simplicité avec laquelle il a pu partir en affaires au Québec, comparativement à d’autres pays comme la France ou la Belgique, notamment grâce aux crédits d‘impôts pour les nouveaux médias. « Les petites entreprises sont toutefois plus laissées pour compte », déplore-t-il, en reprochant au gouvernement québécois de porter un peu trop d’attention à Ubisoft.

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