Notre avis sur Blue Reflection [59794]

Notre avis sur Blue Reflection

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Nom : Blue Reflection

Plateformes : Playstation 4 (pour ce test), Playstation Vita et Steam

Éditeur : Koei Tecmo

Développeur : Gust Co. Ltd.

Prix : 79,99 $ (PS4) et 66,49 $ (Steam)

Type : RPG tour par tour


Note : La copie du jeu utilisée pour la production de cette critique a été gracieusement offerte par l’éditeur. Les opinions dans cette critique ne tiennent pas en compte la participation de l’éditeur qui n’intervient aucunement dans le processus de rédaction de nos textes et nos vidéos.


Blue Reflection, sous titré "Sword of the Girl Who Dances in Illusions" au Japon est la dernière création du studio Gust responsable de la série des Atelier et le dernier épisode de la trilogie "Beautiful Girls Festival" composé de Atelier Firis et Night of Azure 2. Sorti en mars dernier au Japon, il aura fallu plusieurs mois avant que l'occident ait le droit à une localisation en anglais et une version PC exclusive à l'Europe et à l'Amérique du Nord.

 

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L'ombre de Persona plane sur le lycée Hoshinomiya

 

Dans Blue Reflection, on incarne Hinako Shirai, une ancienne danseuse de ballet prodige qui, suite à une blessure à la cheville a été forcée de raccrocher les ballerines. Le début du jeu correspond à son arrivée au lycée pour filles Hoshinomiya. Elle va vite découvrir qu'elle a le pouvoir de parcourir le Common, une sorte de monde onirique issu de la matérialisation de l'inconscient collectif des humains, dans lequel elle pourra se transformer en Magical Girl ici nommée Reflector. L'intérêt de ce pouvoir est de permettre à notre héroïne de calmer les autres lycéennes en mode rampant (un état d'exacerbation extrême des émotions positives ou négatives qui les rend hors de contrôle) en visitant leur subconscient et en récupérant leur fragment. Hinako sera épaulée par les 2 mystérieuses sœurs Lime et Yuzu qui la guideront et on apprendra rapidement qu'une race de monstre géant appelé les Sephirott menace la paix du monde et que si Hinako et les 2 sœurs parviennent à récupérer tous les fragments cela permettrait à Hinako d'exaucer n'importe quel souhait et d'éliminer la menace des Sephirot.

Vous l'aurez compris si vous êtes familier avec la série Persona que les similitudes sont nombreuses, particulièrement avec le dernier épisode en date avec ce principe de visiter le subconscient de plusieurs personnages afin de régler des problèmes du monde réel et le fait de diriger une lycéenne. Mais les ressemblances ne s'arrêtent pas là avec le découpage des journées entre le matin, la pause déjeuner et après les cours permettant d'effectuer des activités plus ou moins librement (on y reviendra), le système de combat, le téléphone et l'accent mis sur la qualité de l'interface.

 

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Une interface léchée et des graphismes inégaux

 

Car s'il y a une chose qui saute aux yeux immédiatement avec le jeu est le soin apporté aux menus. C'est bien simple, c'est un vrai plaisir de parcourir l'interface que ce soit dans les combats ou dans le menu principal grâce à des visuels léchés et une ergonomie rarement prise en défaut, à l'exception de la description des attaques en combat qui ne sont pas assez visibles. Le jeu est techniquement assez daté et graphiquement très inégal. Les environnements du monde réel avec le lycée et ses environs sont détaillés et agréables à l’œil et retranscrivent une sorte d'ambiance mélancolique et crépusculaire du plus bel effet aidé par une bande originale réussie et dont les douces mélodies restent dans la tête. Mais d'un autre côté, toute la partie dans le Common est assez générique avec des environnements sans âmes qui ne sont pas aidés par un level design au ras des pâquerettes. Par contre les animations sont réussies et les personnages expressifs on regrettera seulement le manque de variété dans les attaques des héroïnes qui rapidement se ressemblent toutes.

 

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Du tour par tour efficace

 

Le jeu est donc découpé en plusieurs chapitres chacun centré autour d'une élève respectant un schéma immuable : on rencontre un nouveau personnage, ce personnage a un problème, elle passe en mode rampant, on s'infiltre dans son subconscient, on la recrute et tous les 3 chapitres environ, un Sephirot débarque dans le monde réel pour faire office de boss.

Ces phases dans le Common font office de mini donjons dans lesquels les combats se déroulent. Il est possible de voir les ennemis directement sur notre parcours et d'effectuer une attaque préemptive afin d'avoir un avantage au début de l'affrontement. Les combats se déroulent donc au tour par tour et sont rythmés par une ligne temporelle qui détermine l'ordre d'action de nos personnages et des ennemis. Les attaques sont divisées entre entre ''Offensif'' et "Support". Les premières sont de plusieurs types comme "heart" ou "impact" à utiliser selon les faiblesses des ennemis et certains permettent de renverser les ennemis et de retarder leur tour d'action. Les attaques "support" permettent de soigner les points de vie ou les points de magie ou encore de buffer nos personnages. En bas à droite de l'écran, un compteur d'éther symbolisé par un pourcentage encadre l'utilisation de l'overdrive qui permet d'effectuer dans un même tour plusieurs coups avec un seul personnage pour un coup réduit et des effets renforcés. Entre chaque tour il sera possible de consommer ce compteur pour au choix se soigner (points de vie et points de magie) ou se protéger jusqu'au prochain tour. Il faudra sélectionner la commande ether charge afin de recharger ce compteur. Rajoutez à cela le système de supporter durant les combats de boss permettant au début de l'affrontement de choisir 4 personnages qui pourront être sélectionnés durant les combats d'un simple bouton  afin de déclencher des coups spéciaux.

 

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Un système d'évolution simpliste mais personnalisable

 

À chaque fin de mission, chacun des 3 personnages obtient un point à dépenser pour améliorer au choix l'attaque, la défense, le support ou la technique. Privilégier tel ou tel élément aura un impact sur d'autres caractéristiques comme la vitesse,  la chance ou le nombre de points de magie. Blue Reflection a la bonne idée de donner la possibilité en appuyant sur un bouton de voir les futures attaques et les conditions pour les débloquer. Malheureusement il est juste possible de voir leur nom et leur catégorie et pas leur description, ce qui au final amoindrit l'intérêt du système car on se retrouve à tâtonner en espérant avoir une compétence en adéquation avec le build de notre personnage. Le menu fragments permet d'associer un trait de personnalité des filles que l'on a recruté à nos compétences avec des effets aussi divers qu'augmenter leur puissance ou réduire leur coût.

Le système d'évolution est suffisamment complet pour nous permettre de personnaliser nos combattantes comme on l'entend. Le système de combat est de la même trempe grâce à la profusion de techniques qui permettent de briser la monotonie du jeu même si on est loin de la profondeur et de l'exigence d'un Persona 5 par exemple.

Je n'ai pas encore évoquer les piliers de perception permettant le craft des objets avec la profusion de matériaux que l'on ramasse dans le Common. Ces objets ne sont utilisables que hors des combats et permettent d'améliorer les caractéristiques de nos personnages de manière permanente. L'autre mécanique est la possibilité d'améliorer les fragments de nos supporters afin de renforcer encore plus nos attaques durant les affrontements.

 

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Un jeu trop répétitif

 

L'un des plus gros défaut du jeu réside dans son rythme. Durant les chapitres il y aura aussi des phases où l'on doit accomplir un certains nombres de missions annexes afin de réunir suffisamment de points pour pouvoir reprendre l'intrigue et reprendre le schéma classique que l'on a évoqué plus haut. Ces missions  sont divisées en deux : d'un côté les phases où l'on se rapproche des personnages que l'on a recruté auparavant dans le scénario en réalisant des rendez-vous ou simplement en leur donnant des conseils. Plutôt réussies, ces séquences ont également un impact sur les combats car plus on est proches avec un supporter et plus celle-ci sera puissante. Les autres missions consisteront à explorer le subconscient de PNJ devenus rampant en réalisant des tâches inintéressantes comme tuer x démons ou ramasser x objets. Ces missions annexes ne seraient pas un problème si elles n'étaient pas obligatoires et omniprésentes durant tous les chapitres donnant vraiment l'impression que les développeurs ont cherché à faire du remplissage pour combler la durée de vie.

De plus, il est possible de régler la difficulté du jeu entre facile, normal et difficile mais globalement le challenge du jeu est pratiquement absent supprimant tout enjeu des combats (sauf peut-être les combats de boss). Ces derniers n'octroient en plus aucun point d'expérience et il est tellement facile d'éviter les monstres dans le Common qu'on se contentera rapidement d'éviter les combats au maximum tant ces derniers ne sont au final pas utiles à l'avancement du jeu.

 

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Une écriture perfectible et un mélange des genres maladroit

 

Cela ne serait pas si grave si l'écriture du jeu était réussie. Si certains thèmes abordés sont intéressants (harcèlement, l'angoisse de l'avenir, la pression familiale, etc), l'écriture des dialogues n'est vraiment pas à la hauteur des enjeux d'autant que la localisation uniquement en anglais est parsemée de fautes et de coquilles. Le jeu est aussi étrangement contradictoire avec d'un côté des dialogues basés sur des préoccupations de lycéennes japonaises et la construction de nos personnages et de l'autre une abondance de scènes de douches et à la piscine qui sexualisent complètement les personnages et qui semblent totalement hors de propos et en contradiction avec l'ambition de raconter une histoire d'amitié et de cohésion d'un casting féminin pas désagréable en soi.

Blue Reflection ne plaira pas à tout le monde. Les habitués du RPG n'y trouveront pas leur compte à cause du manque de challenge malgré un système de combat intéressant (surtout les combats de boss) et un système d'évolution donnant la possibilité de personnaliser nos héroïnes. Les amateurs de visual novel et de jeux narratifs devront faire avec une écriture assez banale (et une traduction anglaise loin d'être irréprochable) malgré des thèmes abordés intéressants. Mais Blue Reflection c'est aussi du fan service qui paraît totalement déplacé et qui dessert ce que le jeu essaye d'exprimer à travers ses personnages mais c'est aussi un rythme soporifique et une sensation de répéter jusqu'à l’écœurement des missions sans aucun intérêt qui font office de remplissage. Si vous êtes prêt à pardonner ces défauts, Blue Reflection n'est pas honteux et vous distraira efficacement entre deux grosses productions. Attendez tout de même une baisse de prix car le tarif plein de 80 $ n'est clairement pas justifié.

 

 pour

+ Une ambiance mélancolique réussie

+ Une bande originale parfaitement dans le ton

+ Une interface sublime

+ Des combats et un système d'évolution simples mais efficaces

 

contre

- L'écriture peu inspirée

- Un character design passe partout

- Du fan service hors de propos

- Un manque de challenge qui gâche la fête

- Beaucoup trop de missions remplissage qui hâchent le rythme du jeu

 

Score5

 

 

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