Ghost in the Shell: une magnifique coquille sans l'esprit [58182]

Ghost in the Shell: une magnifique coquille sans l'esprit

Cinéma, séries télé, Netflix, Manga et super-héros

Ghost in the Shell, qu'est-ce que c'est? C'est un manga créé par Masamune Shirow en 1989, son succès et sa renommée en Occident se sont surtout faits avec l'adaptation en long métrage d'animation en 1995 de Mamoru Oshii. Dans les années 2000, c'est une nouvelle série d'animation qui a relancé la licence, Stand Alone Complexe avec deux saisons, des OAV (moyen métrage disponible en DVD), des films... Hollywood avait acheté les droits depuis très longtemps, mais rien n'avait été fait jusque-là, juste des rumeurs sur des acteurs ou des réalisateurs, mais rien de concret.

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Il aura donc fallu attendre 2017 pour que le film Ghost in the Shell avec de vrais acteurs voit le jour. Et ayant beaucoup apprécié les oeuvres précédentes japonaises, je ne vous cache pas que j'étais très craintif quant à une adaptation hollywoodienne... Il y a eu quelques malaises concernant l'héroïne principale, Motoko Kusanagi, le Major, campée par la vedette étasunienne, Scarlett Johansson, et pour cause, la ressemblance est très loin d'être frappante, et les critiques de "white washing" ont rapidement déferlé sur la Toile... Même si j'aime beaucoup Scarlett, je dois avouer que je la voyais mal en Motoko. Les différentes bandes-annonces ont quand même attiré ma curiosité, et m'ont convaincu à lui laisser sa chance, surtout pour l'ambiance visuelle qui semblait bien retranscrite et très bien faite. J'ai profité du fait que le film passait en IMAX et en VO pas trop tard pour aller le voir, et voir si ça allait être une autre catastrophe américaine ou la première bonne adaptation réussie d'un manga par les Étasuniens.

Ghost in the Shell commence cette fois-ci par la "naissance" ou plutôt la résurrection de notre héroïne avant de nous plonger dans la première scène d'action. Et dès le début, on en prend plein les yeux, on est véritablement immergé dans cet univers futuriste faisant penser à Blade Runner de par les nombreuses publicités "vivantes" projetées devant les immeubles. Les images de synthèses sont magnifiques, on s'y croirait. Le film reprend donc à peu près l'histoire de Mamoru Oshii, mais Rupert Sanders a quand même réussi à se l'approprier pour lui apporter sa propre vision. Une des mes craintes, c'était de voir exactement le même long métrage, et si plusieurs scènes ont été reprises plan pour plan, finalement on a une histoire plus édulcorée et c'est plutôt réussi. Alors certes, tout le côté philosophique a été mis de côté, je m'y attendais beaucoup, donc les nombreuses questions de l'original ne sont plus vraiment posées, on ne ressort pas du film avec le cerveau retourné et plein d'éléments sans réponse, ou plutôt pour lesquels il faut réfléchir pour trouver les réponses, non là le scénario a un début, un milieu et une fin. Cela rend le tout beaucoup plus accessible pour le grand public, ce qui n'est pas forcément un mal en soi.

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Concernant les personnages, ils ont réussi à trouver une idée pour expliquer (même si cela n'excuse pas) le fait d'avoir pris une actrice occidentale pour incarner le Major. Et il faut avouer que Scarlett "fait la job", elle retranscrit bien les émotions et l'absence d'émotion du personnage, et après plusieurs films, elle doit commencer à maîtriser les scènes de combats. J'avais très peur aussi pour Batô, mais Pilou Asbæk tire lui aussi son épingle du jeu et nous sert un personnage convaincant et même sympathique. Certains grinceront des dents pour Togusa qui est incarné par un Singapourien, Chin Han, et non par un Japonais, mais le film a été produit en partie par des compagnies chinoises, il en faut donc pour tout le monde! Mention spéciale pour le seul Japonais du film, Takeshi Kitano qui encore une fois a une classe innée et nous offre un Aramaki parfait (surtout le fait qu'il ne parle que japonais permet de garder le ton de l'origine du film). Bref, tous les personnages de la Section 9, l'élite d'assaut au centre du film sont convaincants et loin d'être ridicules. Une des différences avec le film d'origine concernant l'histoire se retrouve dans le fait, que ce n'est pas forcément les mêmes personnes qui tirent les ficelles (comprenne qui pourra).

Visuellement c'est donc aussi réussi, tout est très bien réalisé et très bien filmé, mais côté bande-son j'ai quand même été déçu, c'est peut-être même l'élément qui m'a le plus déçu. J'aurais aimé que le compositeur s'inspire aussi des morceaux originaux, là, il n'y a rien de très marquant, à part le générique de fin qui enfin reprend le thème original si marquant.

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Mes peurs se sont rapidement dissipées et j'ai vite été pris dans le film sans jamais m'ennuyer. Si l'esprit philosophique n'y est plus, la coquille est magnifique et se laisse regarder que l'on soit complètement novice à cet univers ou un passionné qui s'amusera à relever les nombreuses références à l'oeuvre originale.

 

 

7.5Pointage


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